«Les victimes ont besoin que l’on s’adresse à elles», estime Valérie Dejardin

Les victimes ont besoin que l’on s’adresse à elles, estime la bourgmestre.
Les victimes ont besoin que l’on s’adresse à elles, estime la bourgmestre. - O.G.

« Il faut que ces personnes qui ont vécu un traumatisme la nuit du 14 au 15 juillet et encore aujourd’hui sentent que tout ce qui est décidé ou étudié a pour objectif d’améliorer leurs conditions de vie », indique la bourgmestre. Elle poursuit : « Actuellement, ma population a l’impression que toutes les études réalisées visent à cacher les responsabilités et à les ennuyer davantage, alors que la situation est déjà très compliquée. Si les différents niveaux de pouvoir font le maximum pour aider les sinistrés, ces victimes ont besoin que l’on s’adresse à elles. »

Une situation compliquée à vivre pour la bourgmestre qui a, elle aussi, été sinistrée.

« Un an après les inondations, certains citoyens ne savent toujours pas ce qu’il va advenir de leur bâtiment. C’est la difficulté entre le temps administratif et le temps qui touche les citoyens. Des études de la Région wallonne sont en cours pour étudier l’aménagement du territoire en bord de Vesdre et sur les bassins versants. Ces études arrivent à terme en juillet, janvier et en décembre. On a tenté d’identifier des zones et de prévenir la population pour éviter que de l’argent ne soit réinjecté dans des maisons ou des commerces peut-être susceptibles de disparaître » détaille la bourgmestre qui craint qu’une double peine ne soit appliquée aux victimes.

« On ne peut pas appliquer une double peine aux gens qui ont été sinistrés. J’ai peur que les solutions soient uniquement orientées vers l’aménagement du territoire et que certains bâtiments soient rasés ou que les citoyens ne puissent plus réaménager leurs biens comme ils le souhaitent. C’est important de ne pas oublier la vie des personnes qui a déjà été chamboulée il y a un an. Il est important de dire aux citoyens vers où on va, mais en ayant analysé l’ensemble des causes de ce qui s’est passé le 14 juillet » indique Valérie Dejardin, qui tient à ce qu’au-delà de l’aspect administratif, l’humain soit pris en compte.

« Pour faire son deuil, la population a besoin de réponses à ses questions et elle attend que l’on admette que la Vesdre n’a peut-être pas été entretenue correctement. Sans pointer du doigt une personne, il faut pouvoir reconnaître que certaines choses auraient pu être faites différemment. Il faut aussi pouvoir leur dire que cela ne se reproduira pas car certaines mesures ont été prises pour éviter de telles catastrophes, mais cela ne doit pas reposer uniquement sur le citoyen déjà sinistré », détaille Valérie Dejardin, qui a été confrontée à la détresse de ses citoyens.

« Notre centre de crise était installé à Baelen car nous n’avions plus d’électricité. En rentrant ici, on était face à une situation de guerre ».

Pour qu’une telle catastrophe ne se reproduise plus, la bourgmestre préconise que l’on ne travaille pas uniquement sur l’aménagement du territoire, mais que l’on mette en place des procédures et des modèles pouvant permettre l’accès rapide à une information de qualité.

À Limbourg, le 14 juillet prochain, des cérémonies du souvenir seront organisées, mais la commune souhaite aussi remercier les personnes qui lui sont venues en aide depuis le 15 juillet. Un moment de rassemblement plus convivial sera organisé le soir, de manière à ce que les citoyens se rencontrent et discutent de manière positive et conviviale.

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