Le meurtrier d’Eunice, une jeune prostituée nigériane, condamné à 25 ans de prison

Le meurtrier d’Eunice, une jeune prostituée nigériane, condamné à 25 ans de prison

La victime, une jeune prostituée de nationalité nigériane, âgée de 23 ans, avait été tuée dans sa carrée, située rue de Linné à Schaerbeek, durant la nuit du 4 au 5 juin 2018. Elle avait été poignardée à plusieurs reprises par un client mécontent et frustré, âgé de 17 ans.

Juges et jurés ont suivi le réquisitoire de l’avocate générale et ont prononcé une peine de 25 ans de prison à l’encontre du coupable. Ils ont tenu compte de circonstances atténuantes, notamment l’histoire familiale de S.G. et sa minorité au moment des faits. Ils ont également mentionné ses aveux, qui indiquent une «prise de conscience» dans son chef, ainsi que son jeune âge actuel, qui peut laisser présager une évolution positive pour «se réinsérer dans la société».

Du reste, le jury et les trois magistrats de la cour ont relevé «la violence extrême des faits» et «l’acharnement» dont l’auteur a fait preuve, en portant «au moins neuf coups de couteau au niveau de la tête et du thorax de la victime». Ils ont encore tenu compte du fait que S.G s’en est pris à une prostituée qui était «seule et isolée» par rapport aux autres carrées du quartier, et ont pointé «le caractère futile et gratuit de l’agression».

Juges et jurés ont aussi pris en considération la personnalité de S.G., notamment «son attitude réfractaire à toute forme d’autorité», «son ancrage dans la délinquance» et son «imperméabilité aux mesures prises par le juge de la jeunesse».

Enfin, ils ont retenu une «atteinte intolérable au respect de la vie humaine», en particulier vis-à-vis «des travailleuses du sexe, régulièrement confrontée à la violence».

L’ASBL Union des travailleurs du sexe organisés pour l’indépendance (UTSOPI) s’est dite satisfaite de l’arrêt prononcé par la cour. «Tout d’abord, une pensée pour Eunice et sa famille. Qu’elle puisse enfin reposer en paix», a déclaré à l’issue du verdict Ingrid Marie d’UTSOPI. «Je dis un énorme merci à nos avocates, Me Slaets et Me Buisseret, pour leur grande empathie envers la cause des travailleuses du sexe, trop souvent non reconnues dans les faits de violences. Nous les remercions aussi pour l’énorme travail fourni durant tout le procès et la justesse de leurs plaidoiries», a-t-elle déclaré.

«Nous remercions également les jurés pour leur écoute tout au long des débats. Enfin, UTSOPI espère que cette décision judiciaire va enfin ouvrir les consciences sur les conditions des travailleuses du sexe dans le quartier Nord. Eunice était une travailleuse du sexe racisée, sans papiers, victime d’un réseau. Elle ne méritait pas une fin si violente», a encore confié Ingrid Marie.

Poursuivez votre lecture sur ce(s) sujet(s) :Bruxelles (Bruxelles-Capitale)Schaerbeek (Bruxelles-Capitale)

Téléchargez notre nouvelle appli Sudinfo

Téléchargez notre nouvelle appli Sudinfo

Notre sélection vidéo
Aussi en Faits divers