La grève de 48 heures est bien suivie dans les prisons de Saint-Gilles et Forest

La prison de St-Gilles
La prison de St-Gilles - Belga

C’est ce qu’a indiqué jeudi la porte-parole de l’administration pénitentiaire, Valérie Callebaut. Laurent Lardinois, délégué CGSP à la prison de Saint-Gilles, estime que la grève a été bien suivie, et cela bien que le préavis de grève soit porté avec le syndicat libéral CGSLB mais sans la CSC. «Le mouvement est très bien suivi, preuve en est de la réquisition de la police pour garantir le service minimum. On veut maintenant que les promesses se concrétisent au plus vite.»

La réunion de concertation planifiée le 6 décembre, journée de grève nationale, n’aura pas lieu. Une médiation entre les syndicats et la direction de la prison est cependant prévue le 8 décembre au SPF Emploi.

A la suite de la découverte le 31 octobre d’un cluster dans l’aile des détenus qui travaillent dans l’établissement pénitentiaire de Saint-Gilles, la CGSP et la CGSLB ont déposé début novembre un préavis de grève pour la prison de Bruxelles (entité composée des sites de St-Gilles, Forest et Berkendael) afin de dénoncer la surpopulation carcérale et le manque d’effectifs. Un accord a été trouvé avec la direction. À la fin du mois, les agents pénitentiaires se sont plaints de la lenteur de la mise en oeuvre des mesures. La difficulté de trouver des places libres dans d’autres établissements a notamment gelé des transferts promis pour les détenus surnuméraires de Saint-Gilles. La population carcérale est restée au-dessus des 900 détenus pour une capacité maximale de 850 places. Le bourgmestre Charles Picqué a pris un arrêté le 23 novembre pour interdire l’entrée de nouveaux détenus dans la maison d’arrêt saint-gilloise.

«La population à la prison de Saint-Gilles a un peu diminué», observe Valérie Callebaut. «Il y a effectivement un manque de personnel également liée aux impacts extérieurs de la crise Covid. Nous analysons les possibilités de concertation.»

Les syndicats demandent des mesures urgentes cependant pour améliorer les conditions de travail. «Le personnel n’en peut plus», disait-on au piquet de grève de Saint-Gilles.

Au cours des semaines passées, les organisations syndicales ont couché sur papier une vingtaine de propositions qui peuvent être immédiatement mises en oeuvre. La direction a eu le temps de les prendre en considération, mais les syndicats n’ont pas constaté de changement.

«Nous demandons par exemple de «geler» les prisons trente minutes, de sorte que le personnel puisse manger ensemble. Après deux semaines, ce n’est toujours pas en place. Une autre proposition est le renforcement de l’aile où se trouvent les médicaments, or cela n’est toujours pas le cas non plus», décrit Joachim Vermaeren.

Aux conditions de travail difficiles décriées par les syndicats, s’ajoutent une pénurie de personnel et une surpopulation carcérale. «Envoyer les détenus ailleurs est quasi impossible. La semaine passée, nous avons signalé à la direction qu’il n’y avait pas assez de matériel pour faire tourner une prison de 900 détenus», explique aussi Stijn Van den Abeele, président régional du SLFP Bruxelles.

M. Vermaeren pointe en outre que l’ouverture prochaine de la prison d’Haren, pour laquelle 200 recrutements doivent avoir lieu, crée aussi de l’incertitude au sein du personnel et donc un «cocktail toxique». «Nous avons 110 membres du personnel qui pourront un jour se rendre à une prison plus proche de chez eux, mais sans engagement, cela ne peut pas se concrétiser», conclut-il.

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