Polémique sur le diagnostic et le traitement de la maladie de Lyme en France

Polémique sur le diagnostic et le traitement de la maladie de Lyme en France
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«C’est une conjuration, un procès de Moscou, avec des arguments faux», a déclaré à l’AFP ce neuropsychiatre lyonnais, Paul Trouillas, à l’issue d’une audience de plus de trois heures devant la chambre disciplinaire.

Quelque 200 personnes, selon l’association France Lyme, sont venues devant la salle d’audience avec de larges pancartes, où était notamment écrit «Pas d’obstruction aux traitements qui sauvent», pour soutenir celui qui fut un pionnier de la neurologie pour le traitement des accidents vasculaires cérébraux.

«Il n’y a jamais eu de plainte de patients, ni même de signalement. Ce sont ses pairs qui l’attaquent ! Il a des résultats, c’est surtout ça qui embête», a fustigé la responsable régionale de l’association, Stéphanie Clerc.

Le conseil départemental de l’Ordre des médecins (CDOM) reproche au Pr Trouillas d’avoir traité une jeune fille souffrant de «la forme neurologique tardive de la borréliose de Lyme» selon lui, ce que contestent d’autres médecins, par des antibiotiques au-delà de 28 jours et de les lui avoir prescrits hors autorisation de mise sur le marché.

Le neurologue a assuré suivre «les recommandations de la Haute autorité de Santé». Si cette patiente «avait été diagnostiquée de manière précoce, si on ne l’avait pas traitée d’hystérique, sa vie ne serait pas brisée», a-t-il déploré.

Une polémique sur le diagnostic et le traitement de la maladie de Lyme, transmise par la tique, plonge médecins et patients dans la confusion depuis plusieurs années.

Pour l’avocat du neurologue, Me Thomas Bénagès, la Société de pathologie infectieuse de langue française (Spilf), dont les recommandations diffèrent de celles de la HAS, «ne cesse de décrédibiliser» la plus haute autorité médicale.

L’Ordre, qui lui «propose les protocoles de la Spilf», «utilise des moyens irréguliers pour faire passer le Pr Trouillas pour une personne qui ne connaît pas les protocoles», selon l’avocat.

L’avocat du CDOM, Me Jérôme Cayol, estime que «les décisions devraient être prises de manière collégiale», reprochant au mis en cause d’avoir maintenu son traitement «malgré les avis de ses confrères, des hôpitaux».

«Même s’il donne satisfaction à certains patients, sa méthode est dangereuse et je vous demande de prendre une décision qui lui interdise d’exercer la médecine», a poursuivi l’avocat.

L’ordre réclame également la radiation du praticien après des signalements de médecins-conseils de l’Assurance maladie sur des griefs similaires concernant une trentaine de patients.

Deux d’entre eux, contraints par la maladie à se déplacer en fauteuil roulant ou avec une canne, ont témoigné à l’audience d’une amélioration de leur état de santé.

«Cela a commencé en janvier 2017 par une grosse grippe, dont j’ai eu du mal à me relever et en août, je ne pouvais plus marcher», a confié à l’AFP Julien Thomas, 43 ans, directeur de magasin à Roanne (Loire).

Après plusieurs mois d’«errance médicale», où «vous ne pouvez pas poser de mots sur ce que vous avez», le professeur Trouillas lui diagnostique la maladie de Lyme et lui fait suivre pendant «deux ans et demi des traitements très lourds», alternant des cycles d’antibiothérapies.

«Je pensais ne jamais retrouver ma jambe gauche et aujourd’hui, je fais du sport et j’ai eu un enfant», s’est réjoui le quadragénaire.

La décision a été mise en délibéré.

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