Prix de l’énergie: les propositions se bousculent dans la majorité

Prix de l’énergie: les propositions se bousculent dans la majorité

La Commission de Régulation de l’Energie et du Gaz (CREG) a mis en garde à la fin août les consommateurs contre l’augmentation du prix de l’énergie, particulièrement pour les clients qui ont conclu un contrat variable. Le régulateur a calculé qu’un ménage moyen pourrait dépenser 1.000 euros par an pour l’électricité et 1.600 euros par an pour le gaz, et il est attendu que ces prix grimpent encore.

Mardi, dans le cadre des discussions budgétaires, la ministre de l’Energie, Tinne Van der Straeten, a proposé d’étendre le tarif social du gaz et de l’électricité. Une extension a déjà eu lieu cette année, permettant au total à environ un million de ménages de bénéficier de ce tarif. Mais celle-ci expire à la fin de l’année. La ministre écologiste souhaite prolonger la mesure.

Le PS a proposé un rabais forfaitaire. Le MR suggère quant à lui un mécanisme provisoire de cliquet. « Eu égard au fait que près de 60 % de la facture sont des taxes et des coûts de gestionnaire de réseau de distribution (GRD), on peut, pour faire face à un pic ponctuel, avoir un système de cliquet sur la taxation environnementale et coûts de GRD afin d’aider le public qui en a besoin », a expliqué le président des libéraux francophones, Georges-Louis Bouchez, sur Twitter.

Le MR ne veut pas « subventionner la consommation d’énergie », une mesure qui serait contraire, selon lui, aux objectifs de réduction de la consommation, et appelle à financer l’isolation des bâtiments « sans attendre ». L’augmentation du pouvoir d’achat doit passer par une baisse de la fiscalité sur le travail, a-t-il ajouté.

Dans l’opposition, le PTB a appelé à une réduction de 21 % à 6 % de la TVA sur l’énergie. Le cdH plaide lui aussi dans ce sens mais en plafonnant la quantité concernée pour éviter un effet pervers sur la consommation. Il voit également d’un bon oeil l’élargissement du tarif social et préconise aussi une réduction des coûts de distribution.

Solidaris et la FGTB demandent au gouvernement d’agir face aux prix de l’énergie

Face à l’envolée des prix du gaz et de l’électricité sur les marchés, Solidaris exhorte le gouvernement à « une action rapide et structurelle ». La mutualité socialiste plaide pour la prolongation du tarif social et l’automatisation des droits, indique-t-elle mercredi dans un communiqué. La FGTB a lancé, dans la foulée, un appel dans le même sens, afin que la facture énergétique des ménages reste abordable.

Celle-ci est en effet en forte hausse. En août, la barre des 1.000 euros par an a été dépassée pour l’électricité, et pour le gaz naturel, la moyenne est même supérieure à 1.600 euros par an.

Le syndicat socialiste constate que de nombreuses familles doivent faire face à la hausse des factures d’énergie. « Heureusement, nous avons l’indexation, mais elle ne peut pas tout absorber. Les gens risquent de perdre leur pouvoir d’achat. Des mesures supplémentaires sont nécessaires », affirme la FGTB.

Cette dernière et Solidaris demandent donc une extension du tarif social de l’énergie. Depuis le 1er février 2021, les bénéficiaires d’Interventions majorées (BIM) bénéficient d’un tarif plus avantageux pour le gaz et l’électricité. « Cette mesure utile et juste sur le plan social doit être prolongée. Il n’est pas envisageable, dans un contexte socio-économique déjà difficile, de laisser les plus vulnérables seuls face à une envolée des prix de gaz et d’électricité », estime la mutualité socialiste.

Solidaris soutient la proposition de la ministre de l’Energie Tinne Van der Straeten (Groen) de prolonger le tarif social pour un million de ménages et l’exhorte à envisager une prolongation au-delà du 31 décembre 2021.

La mutualité pointe par ailleurs une autre difficulté. « Trop souvent, les bénéficiaires de l’intervention majorée ignorent les avantages auxquels ils ont droit », souligne-t-elle.

« Il y a aujourd’hui un double problème qui se pose : d’abord une dérégulation des marchés qui conduit nécessairement à un mauvais contrôle du prix de l’énergie, le rendant très fluctuant, et, ensuite, un non-recours aux droits des BIM, accentuant leur vulnérabilité face à des prix instables », insiste le secrétaire général de l’union nationale des mutualités socialistes-Solidaris, Jean-Pascal Labille.

C’est pourquoi Solidaris plaide pour une automatisation des droits et notamment du tarif social pour les BIM.

Les prix du gaz et de l’électricité connaissent une forte augmentation en raison notamment de la reprise économique. L’année dernière, ils avaient atteint un niveau historiquement bas.

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