La Chine admet un incident mineur dans sa centrale nucléaire de Taishan

La Chine admet un incident mineur dans sa centrale nucléaire de Taishan
Belga

Un petit nombre de barres de combustible endommagées est à l’origine d’une accumulation de gaz radioactifs dans la centrale nucléaire de Taishan, ont indiqué mercredi les autorités chinoises, qui ont écarté tout danger.

La chaîne de télévision américaine CNN a rapporté lundi une possible «fuite» dans cette centrale située dans le sud de la Chine, qui dispose des seuls réacteurs EPR à être entrés en service dans le monde.

Cette technologie, conçue pour offrir une puissance et une sûreté améliorées, est présentée comme le fleuron de la filière nucléaire française et une vitrine pour EDF.

Pékin avait jusque-là relativisé les risques et expliqué que les niveaux de radioactivité autour de la centrale étaient normaux.

Mercredi, le ministère chinois de l’Environnement et l’Autorité de sûreté du nucléaire ont donné les premières explications techniques.

Dans un communiqué commun, ils ont admis une hausse de la radioactivité à l’intérieur d’un des réacteurs causée «par environ cinq barres de combustibles endommagées».

Un phénomène qualifié de «courant» par les autorités, du fait de «facteurs incontrôlables» lors du processus de fabrication, de transport ou d’installation dans la centrale.

Les barres de combustibles (ou «crayons") contiennent des pastilles d’uranium et fournissent l’énergie dans le cœur d’un réacteur nucléaire.

L’augmentation de la radioactivité dans la centrale se situe «dans la fourchette réglementaire» mais «il n’y a pas de fuite radioactive dans l’environnement», précise le communiqué.

EDF, qui est actionnaire à 30% de la centrale de Taishan aux côtés du groupe chinois CGN, a fait état lundi de la présence de «gaz rares» dans le circuit primaire du premier réacteur.

La procédure prévoit que ces gaz soient collectés et traités afin d’en retirer la radioactivité, avant d’être rejetés dans l’air.

La technologie EPR subit ces dernières années de nombreuses déconvenues. Les contretemps et dérapages budgétaires se sont accumulés sur le premier chantier EPR, lancé en 2005 à Olkiluoto (Finlande) pour le compte de l’électricien TVO. Et c’est avec plus de dix ans de retard que la production d’électricité devrait finalement démarrer début 2022.

Le deuxième EPR, en chantier depuis 2007 à Flamanville (Manche) en France, a également accumulé les déboires, à cause notamment d’anomalies découvertes sur la composition de l’acier du couvercle et du fond de la cuve.

Le problème révélé à Taishan intervient au moment où EDF espère de nouveaux chantiers à l’étranger pour son réacteur.

Notre sélection vidéo
Aussi en Monde