Futsal: le Bernissartois Yasin Alageyik, seul arbitre wallon à avoir le badge FIFA

À la présentation des badges FIFA 2018 pour les arbitres belges.
À la présentation des badges FIFA 2018 pour les arbitres belges. - News

Le citoyen de Bernissart n’a pas directement dirigé les débats, vendredi. Il a cependant contribué au bon déroulement de la rencontre. « J’officiais comme troisième arbitre, ce qui équivaut au quatrième dans le foot en plaine », précise Yasin. « Le premier « ref » était hongrois, le deuxième italien. Pendant le match, je me suis surtout concentré sur les changements. Ma mission avait cependant commencé plus tôt puisque j’avais été mandaté, par la fédération belge, pour aller chercher et accueillir les deux premiers arbitres à l’aéroport, les emmener à leur hôtel… J’étais, en fait, l’agent de liaison entre l’organisateur du match et les directeurs de jeu ».

Yasin a déjà « sifflé » en tant que principal à deux ou trois reprises en Ligue des Champions, notamment en Biélorussie. Il est vrai qu’il fait partie de l’élite au niveau national. « Voilà une dizaine d’années que j’exerce et chaque semaine, nous sommes suivis et cotés par des observateurs en vue de l’élaboration d’un classement final. Plus on récolte de bons points, plus on grimpe dans la hiérarchie, forcément ».

Quatre arbitres belges seulement à avoir le badge FIFA

Et à 35 ans, le Hennuyer ne manque pas de références. « Au terme de la saison écoulée, j’ai décroché le titre de meilleur arbitre de futsal en Belgique ». Mais surtout, il est actuellement le seul Wallon à posséder un badge FIFA en futsal ! « Nous ne sommes que quatre à l’avoir : en plus de moi, deux viennent du Limbourg et un de la province d’Anvers. Ce statut nous permet de diriger des rencontres internationales. Ainsi, cette année, il était prévu que je participe à un tournoi en Croatie, mais il a malheureusement dû être annulé à cause de la crise sanitaire ».

Yasin Alageyik accorde pas mal de temps et d’énergie à cette activité. Toujours avec plaisir. « Issu d’une famille de footballeurs… en plaine, j’ai « sifflé » jusqu’en P1 Hainaut. Mais à un moment donné, j’ai dû poser un choix entre le futsal et le foot classique. Comme j’avais été initié par mon frère aîné et que j’ai eu l’opportunité de monter en divisions nationales au niveau de la salle, je l’ai privilégiée. J’ai su saisir cette chance ».

Aujourd’hui, il considère l’arbitrage comme une véritable passion, qui présente d’ailleurs plusieurs avantages. « Il me permet de décompresser par rapport au boulot (NDLR : après avoir travaillé pour la commune de Colfontaine, il a été engagé par Fedasil, instance responsable de l’accueil des demandeurs d’asile). Et puis, je voyage. Partout dans le royaume pour diriger des matches à l’Union belge, mais également à l’étranger ».

Son objectif ? Le prochain Euro de futsal

Pour être à la hauteur, le Bernissartois suit des entraînements réguliers et spécifiques au Centre National de Tubize. « Le programme prévoit des séances essentiellement axées sur le physique, ainsi que des exercices bien précis pour développer l’attention. Par contre, nous ne touchons jamais au ballon, sauf en fin de saison, pour dire de décompresser. Malgré tout, il m’arrive de jouer au sein d’une petite équipe de futsal que nous avons créée entre amis et affiliée à la fédération boraine, le Sporting Bernissart. Enfin, quand j’ai le temps, je m’entretiens dans les installations du club de Pommerœul, dont j’ai défendu les couleurs ».

Yasin ne laisse donc rien au hasard pour assouvir sa passion avec rigueur et sérieux. S’il ne se fait guère d’illusions pour le Mondial 2021 prévu en Lituanie, il se verrait bien intégrer l’équipe d’arbitres amenée à diriger les matches du prochain Euro. « C’est clairement un objectif », termine-t-il. Ne dit-on pas qu’il faut toujours croire en ses rêves ?

F.Mi.

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